Exemple Dintroduction Dissertation Philosophie Sur La Conscience

Introduction

Réduction de l’âge de la retraite, réduction du temps de travail, congés payés… autant de mesures qui visent à réduire la durée du temps de travail au profit des loisirs, considérés comme condition privilégiée du bonheur humain. Pourtant la scène sociale du travail se présenterait comme le lieu privilégié d’expression de la de l’homme. Le travail permet-il donc de prendre conscience de soi ?

Le travail comme se présente comme la marque de distinction entre En ce sens, le travail serait la médiation nécessaire à l’affirmation de l’homme comme être de . Mais la conscience du sujet travaillant est-elle toujours transparente à elle-même ? La question sera de savoir à quelles conditions le travail peut donner accès à la conscience de soi.

1. Le travail permet de prendre conscience de soi

A. Le travail comme principe de survie

L’homme travaille car la nature est insuffisante à répondre à tous ses . Le travail consiste en une transformation ou assimilation de la nature, il se comprend au sein d’un système de besoins. L’économie classe le travail en trois secteurs selon son degré de transformation de la nature : primaire (agriculture), secondaire (industrie) et tertiaire (services). Ainsi le travail assure la vie et la survie de l’homme.

B. Le travail comme marque de la culture humaine

En même temps qu’il est un intermédiaire nécessaire entre l’homme et la nature, il est le signe de sa . Dans le mythe de , les hommes inventent leurs propres moyens pour assurer leur subsistance en travaillant différentes techniques.

C. Le travail fondateur de l’identité

Au-delà du fait que le travail désigne la profession ou la place que tient un individu dans une société, le travail permet de prendre conscience de soi. En effet, en transformant la nature, l’homme, qui est nécessairement engagé dans le monde, y laisse une place qu’il peut ensuite contempler et qui lui permet de prendre conscience de ses compétences. dans Esthétique explique que cette tendance, à ne pas vouloir rester tel que la nature l’a fait, se manifeste déjà chez le jeune enfant qui à sa manière, qui travaille, pour prendre , pour accéder à un savoir de ce qu’il est et de ce qu’il est capable de faire. Ainsi le jeune enfant aime à faire des ricochets dans l’eau.

Si, en théorie, le travail est ce qui permet à l’homme de se retrouver dans son œuvre pour prendre conscience de lui, peut-on affirmer que c’est toujours le cas ?

2. Le travail rend pourtant étranger à soi-même

A. Le travail comme source de souffrance

L’étymologie du mot travail (du latin tripalium, signifiant « trois pieux » et par la suite « instrument de torture ») renvoie à l’idée de . En effet, le travail comme nécessité pour survivre renvoie à l’idée qu’il nous est imposé un effort pour se confronter à la nature et même à notre propre nature qui y résiste. La pénibilité du travail selon la Bible est présentée par H. Arendt comme l’objet du châtiment divin.

B. Le travail comme aliénation

Le travail prend la forme d’une véritable torture lorsqu’il est fait sous la contrainte sans rétribution, comme chez l’esclave, ou bien lorsqu’il procède par mouvements répétitifs dans le travail à la chaîne. Chaplin dénonce cette déshumanisation dans les Temps modernes, en montrant que le est source d’aliénation. En effet, l’homme ne peut comprendre ce qu’il fait, lui-même étant une sorte de rouage d’une immense machine à laquelle il appartient. L’homme est alors étranger à lui-même, .

C. Le travail comme retour à l’animalité

Dès lors le travail est non seulement ce qui vient épuiser l’homme mais aussi ce qui peut l’abrutir jusqu’à ce qu’il ne sache plus ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Son travail n’est plus l’expression de ses compétences, mais ce qui vient tout juste lui procurer de quoi survivre. Le travail renvoie l’homme à son et non à sa culture car réduit à n’être qu’un moyen de .

Comment concilier alors l’essence du travail qui permet à l’homme de prendre conscience de lui et la réalité du travail qui le rend étranger à lui-même et le déshumanise ?

3. À quelles conditions l’homme se reconnaît-il dans son travail ?

A. Le travail comme expression de l’intelligence et de la volonté humaine

Pour déterminer ce qui fait la spécificité humaine du travail, Marx compare l’activité de l’architecte avec celle de l’abeille. Le résultat est à chaque fois similaire, mais ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est que l’homme aura toujours préalablement construit un projet dans son esprit. Là où l’animal ne fait qu’obéir à la nature en suivant son instinct, l’homme exprime dans l’élaboration de son travail son intelligence et sa volonté. Ainsi, un travail qui n’exprime plus l’ et la ne lui permet plus de prendre conscience de lui. C’est un travail perverti.

B. Le travail mais pas l’exploitation économique

Dans le travail à la chaîne, l’ouvrier n’effectue pas ce qu’il imagine, mais ce que la machine lui ordonne, et son rythme n’est pas le fruit d’une libre volonté. Il n’exécute plus un geste (un mouvement ordonné par lui) mais un mouvement mécanique dans lequel il ne peut se reconnaître. Il se reconnaît d’autant moins dans sa production qu’il n’en possède pas les moyens et qu’il n’est pas reconnu par un salaire adéquat. Marx dénonce ainsi l’ qui peut exister dans l’organisation capitaliste du travail. Ainsi l’homme ne peut prendre conscience de lui dans son travail, si ce travail se transforme en exploitation.

C. Le travail comme expression d’un désir

Certes le travail peut être aliénant pour des raisons d’organisation de la société, mais il peut également l’être lorsqu’il ne correspond pas aux aspirations de l’individu. En ce cas, il s’agit d’abord de savoir quels sont ses désirs. C’est d’abord un travail sur soi comme le travail psychanalytique qui procède par et qui permet de prendre conscience de soi, pour seulement ensuite pouvoir travailler selon son .

Conclusion

Ainsi le travail par essence est ce qui permet de prendre  : pour l’homme en tant qu’être de culture, qui se distingue de l’animal, mais aussi en tant qu’individu, qui exprime et manifeste son et sa dont il peut contempler ses effets.

Si l’homme peut s’aliéner dans son travail et perdre jusqu’à son identité ou toute conscience de lui-même, c’est que le travail en lui-même est perverti au point de nier son intelligence et sa volonté. En ce sens il est très important de son travail et non de le . C’est alors la conscience de soi qui permet de faire un travail digne de ce nom.

La conscience de soi rend-elle libre ?

Introduction :

Une première expérience nous montre que la pensée n’est rien en soi, mais porte toujours sur quelque chose : « Je pense à quelque chose ». Cet état psychique qui marque notre présence au monde s’appelle la conscience immédiate, c’est-à-dire, d’après l’étymologie de conscience (cum scienta, accompagné de savoir), prendre connaissance de ce que l’on perçoit. Cependant, cette saisie immédiate du monde peut se rapporter sur notre propre activité de pensée, on parlera alors de conscience de soi. Mais est-il seulement possible de se penser alors que l’on se perçoit de différentes manières et à des instants distincts ? Comment accéder à cette pensée de soi si la conscience elle-même ne porte pas sur un objet qu’on expérimente dans l’action ? Enfin, si cette conscience de soi, si elle est possible, ne permet-elle pas d’agir en «  connaissance de cause », en maitrisant ce que l’on n’est capable de faire sans subir des déterminismes ? Autrement dit, la conscience de soi rend-elle plus libre ?

1-      Avons-nous un libre accès à la conscience de soi ?

A-    un «  moi » qui est multiple

La question « Qui suis-je ? » peut sembler insolite dans la mesure où, au-delà du simple fait de décliner son identité, personne d’autre que moi n’est mieux placé pour y répondre. Cependant, si on me demande une réponse exacte, voire scientifique, ce sentiment d’évidence s’évanouit rapidement. En effet, la pensée de ce « soi » semble difficile car il se dit de plusieurs façons. Par exemple, comment rendre compte de ce que je suis alors que je suis soumis au temps (vieillissement). Comment affirmer que je suis un être à part entière autonome et libre alors même que je suis inscrit dans un processus historique (individuel et collectif) ? Comment rendre compte de ce que je suis alors même que je peux avoir des qualités contradictoires (incohérences, folies), et que les autres me renvoient des images différentes de moi-même ? Comment comprendre mon unité alors même que je suis composé d’une âme et d’un corps ? Quel est ce soi ?

La connaissance de soi est d’abord l’expérience que je fais de moi, ou que les autres font de moi à travers différents états. En ce sens, Pascal montre que le moi est insaisissable dans la mesure où l’on ne peut pas faire l’expérience de son unité. Une personne est toujours perçue à travers ses différentes qualités, et c’est à elles que l’on s’attache. Quand on aime quelqu’un, on s’attache toujours à des caractéristiques physiques ou morales. La perte de ces qualités laisse place au désamour.

B-    La possibilité de dire «  je »

Mais l’unité de la personne est présupposée par le pouvoir de dire «  je ». En effet, pour Kant l’homme se distingue ainsi des autres êtres vivants. Très tôt l’enfant dit «  je », un an après l’acquisition du langage. A partir de ce moment-là, il se saisit par l’entendement, il se pense, tandis qu’avant il ne faisait que se sentir.

Le pouvoir de dire « je » désigne l’unité d’une même conscience, qui se maintient malgré les différentes représentations. Ce pouvoir de dire «  je » permet à l’homme de s’affirmer en tant que personne, en tant que sujet, à la différence des animaux, considérés comme des choses dont on dispose à sa guise, comme des objets.

Par définition, le sujet c’est celui qui pense, et qui agit tout en pensant ce qu’il fait : c’est un pouvoir de détermination et d’autodétermination. En ce sens, la conscience permettrait d’agir par soi-même, en étant sa propre cause, bref, en étant plus libre.

Malgré la pluralité des moi empiriques, il y a un principe d’unificateur qui fait d’un homme un sujet, une personne. Ce principe réside dans la capacité de penser grâce à l’entendement. Ce « je » désigne aussi la possibilité d’être une seule et même personne, capable de répondre de ses actes, donc d’être un sujet moral et par là même d’être responsable devant la loi, à savoir d’être un sujet juridique. La dignité de l’homme, sa possibilité d’agir librement, son pouvoir de déterminer et de se déterminer, repose donc sur l’identité de la personne qui s’appuie sur la conscience de soi. Mais comment se construit ce lien entre conscience de soi et liberté ?

2-      L’action libre permet à l’homme de prendre conscience de lui

A-    La réalisation de soi dans le travail

L’homme se distingue donc de l’animal par sa qualité de sujet, c’est-à-dire sa capacité à s’autodéterminer et à agir sur le monde qui l’entoure. Il est capable de transformer la nature de façon consciente et volontaire pour qu’elle lui soit utile : c’est ce qu’on appelle le travail. Le produit du travail est donc l’extériorisation, l’objectivation d’une intention humaine.

Ainsi, pour Hegel, la conscience vient à soi-même par la médiation du travail. En travaillant, la conscience bute sur un objet extérieur, elle est obligée de différer son désir, dont l’assouvissement ne peut être immédiat. Mais par le biais de ses capacités, elle «  façonne » l’objet, l’assujettit à elle-même. L’objet, ainsi transformé, devient la marque, l’expression de ce qu’elle peut faire, de ce qu’elle est. De la même manière, un enfant a du plaisir à lancer des cailloux   dans l’eau pour pouvoir contempler son œuvre. En différant ses désirs, le travailleur s’élève au dessus sa condition animale, il construit un monde dans lequel il peut se reconnaitre. Par le travail, l’homme se libère de la nature et passe de la conscience à la conscience de soi. Ce désir de s’approprier l’objet permet à la conscience, par son travail, de se confronter à ce qui est extérieur à elle. C’est ce regard sur ce qu’elle est et peut faire qui lui fait accéder à la conscience de soi. Mais si on peut plutôt affirmer que c’est la liberté d’agir qui permet d’accéder à la conscience de soi.

B-    L’existentialisme

Sartre va encore plus loin : non seulement l’action permet d’accéder à la conscience de soi, mais ce «  soi » ne préexiste pas à l’action. Au contraire, il est constitué par elle. En effet, selon l’existentialisme sartrien, l’homme a ceci de particulier que son existence précède, ce qui signifie que l’homme existe d’abord et se définit ensuite. Autrement dit, ce sont ses actes qui le définissent, et comme l’homme est toujours soumis au devenir, on ne peut pas le qualifier définitivement. Il est indéfinissable. Exister consiste alors à se choisir, à être libre en dépassant ce qui pourrait être la définition de son essence. Ainsi l’homme n’est pas « libre », mais en perpétuelle libération. Et c’est cette perpétuelle libération qui permettrait d’affiner la conscience de soi.

Renoncer à ce dépassement de soi en s’identifiant à ce que l’on croit être est ce que Sartre appelle «  la mauvaise foi » : cela consiste à dire que l’on ne peut faire telle ou telle chose parce que l’on «  est » ainsi. On s’interdirait d’agir, on renoncerait à sa liberté » au nom d’une mauvaise conscience de soi, une conscience de soi déjà dépassée. En ce sens, la conscience de soi est un déchirement car on ne car on ne coïncide pas avec soi-même, avec ce que l’on croit. Ne faut-il pas distinguer conscience de soi et connaissance de soi ?

3-      Comment être libre s’il existe une part d’inconnu en nous ?

A-    La thèse de l’inconscient :

Il y a des états qui témoignent d’une activité psychique qui ne se confond pas avec la conscience.  Ainsi, avec des oublis, de la distraction, des évanouissements ou encore des rêves, l’homme semble vivre dans un état d’inconscience. Il y aura donc une part psychique en moi qui m’échappe.  Lorsqu’ j’ai conscience « que » je suis, je n’ai pas nécessairement conscience « de ce que » je suis ; cette conscience n’est pas une identification. Ainsi, selon Kant au paragraphe 25 de la Critique de la Raison Pure : «  la conscience de soi-même n’est donc pas encore, il s’en faut, une connaissance de soi. » Quelle est donc cette part de mon psychisme qui échappe à ma conscience ? Est-ce le moment d’une conscience mal éveillée, peu attentive, encore confuse ? En ce sens, ce qui échappe au moi désigne un degré moindre de la conscience, c’est-à-dire une forme d’inconscience. Mais n’y a-t-il pas quelque chose qui résiste cependant à toute attention soutenue et de la conscience ?

Avec Freud, l’inconscient est considéré comme une entité psychique radicalement différente, indépendante de la conscience, une faculté dynamique qui n’est pas seulement son négatif ou encore l’inconnu d’ordre corporel que l’on a oublié. Pour montrer l’action de l’inconscient dans la vie courante de tout homme, il expose dans son Introduction à la psychanalyse une histoire arrivée à un jeune homme. Celui-ci ne sait plus où il a rangé le cadeau reçu de son épouse avec qui il est en froid. Mais lorsque que son éprouve lui prouve son dévouement en soignant sa mère, il retrouve comme par hasard le cadeau «  perdu » dans un tiroir de son bureau. L’oubli n’est donc pas volontaire, mais semble provoqué inconsciemment par les relations du couple.  Dès lors, si l’importe qui peut être déterminé par des processus inconscients, comment la liberté peut-elle être possible ?

B-    L’analyse comme libération

La psychanalyse telle que l’a inventé Freud n’a pas pour but d’enfermer l’homme dans un déterminisme psychologique, mais au contraire se soigner en libérant ses pulsions destructrices. Pour ce faire, la cure psychanalytique place le patient dans un dialogue avec un autre, le psychanalyste, qui a pour effet d’amener par un dialogue maïeutique le patient à prendre conscience de certains de ses désirs, de certains états inconscients susceptibles d’engager des névroses. L’objectif n’est pas de permettre ensuite d’assouvir tous ses désirs sans retenue, mais au contraire de mieux se connaitre afin de concilier sciemment principe de plaisir et principe de réalité. Le patient n’est plus soumis à ses pulsions inconscientes destructrices. En ce sens, Ricœur dit que «  « l’analyste est un accoucheur de liberté ». Prendre conscience de soi par l’acceptation qu’il existe une part d’inconnu en nous, c’est prendre le chemin de la liberté. Ici, prendre conscience de soi ne signifie pas découvrir une vérité, mais découvrir ce qui fait sens pour nous, c’est-à-dire ce qui nous meut, ce qui donne «  un sens à la vie », ce qui nous oriente, nous donne une direction.

Conclusion :

La conscience de soi rend-elle libre ? Oui dans la mesure où elle est constitutive du sujet, et donc du pouvoir de s’autodéterminer. Mais «  prendre » conscience de soi semble présupposer la possibilité d’agir librement : c’est en transmettant la nature que l’on prend conscience de ses compétences. Cependant, l’homme semble encore prisonnier d’un certain déterminisme psychologique œuvrant par l’effet refoulant de l’inconscient. En ce sens, seule l’analyse permet de s’en libérer : c’est alors la conscience de soi en tant qu’être doté d’un inconscient qui pourrait rendre libre.

Source: annbac, Sujets corrigés, Philosophie, Hatier, 2010,

4.0474869.706374

WordPress:

J'aimechargement…

Sur le même thème

Catégories : Philosophie, Sujets de langue française|

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *